oO-Martin Luther King-Oo

oO-Martin Luther King-Oo
J'ai un rêve qu'un jour, cette nation se lèvera et vivra la vrai signification de sa croyance :
"Nous tenons ces vérités comme allant de soi, que les hommes naissent égaux".

J'ai un rêve qu'un jour, sur les collines de terre rouge de la Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d'esclaves pourront s'asseoir ensemble à la table de la fraternité.

J'ai un rêve qu'un jour même l'Etat de Mississippi, un désert étouffant d'injustice et d'oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice.

J'ai un rêve que mes quatre enfants habiteront un jour une nation où ils seront jugés non pas par la couleur de leur peau, mais par le contenu de leur caractère.

J'ai un rêve aujourd'hui.

J'ai un rêve qu'un jour l'Etat de l'Alabama, dont le gouverneur actuel parle d'interposition et de nullification, sera transformé en un endroit où des petits enfants noirs pourront prendre la main des petits enfants blancs et marcher ensemble comme frères et soeurs.

J'ai un rêve aujourd'hui....
# Posté le samedi 27 mai 2006 16:40

Oo-Rosa Parks-oO

Oo-Rosa Parks-oO
Elle vient de mourir, la Noire-Américaine la plus rebelle de l'histoire des droits civiques en Amérique, la Grande Dame qu'on nommait Rosa Parks...

Faut-il rappeler que devant une Amérique raciste, ségrégationniste des années cinquante, 1955 fut l'année qui symbolisa la défense des droits de Noirs ? Rosa Parks s'est donc éteinte à l'âge de 92 ans, chez elle, à Detroit (Michigan, Etat dans lequel vivent deux autres symboles : Mohammed Ali et Aretha Franklin).

Pionnière dans la défense des droits des Noirs américains, Rosa Parks est entrée dans l'histoire des Etats-Unis pour avoir refusé, dans un bus, de céder sa place assise à un Blanc. La règle était que le Noir devait laisser sa place au Blanc dans les transports publics.
Ce geste de défi, ce refus hardi et impensable dans une Amérique fortement ségrégationniste allait marquer le mouvement pour les droits civiques des Noirs américains. Capturée par les forces de l'ordre, La Grande Dame sera condamnée à payer une amende de 15 dollars.
C'est alors que le Pasteur Martin Luther King s'illustre en organisant le boycott des bus de la ville par les Noirs pendant plus d'une année. La non-violence est en action. L'Amérique va devoir faire face à son "problème noir". Le pasteur L. King avait à peine 26 ans ! Et voilà comment allait s'écrire l'Histoire de tout un peuple.

Rosa Parks demeurera dans nos esprits...
# Posté le samedi 27 mai 2006 16:52

Oo-Malcolm X-oO

Oo-Malcolm X-oO
Malcolm Little n'a que 6 ans lorsque son père est assassiné par des Blancs du sud.
Il est ensuite arraché à sa famille par les services sociaux et placé dans une famille d'accueil.
A 15 ans, il se rend aux ghettos noirs de Boston puis de Harlem où il vit de petits boulots et de trafics divers.
En 1946, il est condamné à dix ans de prison pour cambriolage.
Il y rejoint la Nation of Islam -partisane de la création d'un état noir indépendant sur le sol américain- et se convertit à l'islam.
Libéré en 1952, il abandonne son nom d'esclave et devient Malcolm X. Devenu pasteur, il se fait le porte-parole de l'idée de fierté et d'auto-défense des Noirs et contribue au formidable essor de la NOI.
Mais peu à peu, il rompt avec la conception sectaire de la lutte de la NOI -il en est d'ailleurs exclu- en comprenant la nécessité d'un combat unitaire transcendant les barrières raciales et les frontières étatiques.
Aussi accepte-t-il l'aide extérieure des Blancs, de s'associer à d'autres leaders et commence à jouer le rôle de pivot entre les luttes anti-impérialistes d'autres pays tels Cuba et le Congo.
En 1964, il effectue son pélerinage à la Mecque et à son retour, est tenu par les médias responsable de l'embrasement des ghettos.
Se sachant menacé, il meurt assassiné dans le temple de Harlem.
# Posté le dimanche 28 mai 2006 12:23

Oo-Marginalité et exclusion des Noirs aux U.S.A-oO

Oo-Marginalité et exclusion des Noirs aux U.S.A-oO
Le Noir américain correspond à l'homme marginal que Robert E. Park illustre avec la figure du juif émancipé.

Une fois le ghetto médiéval supprimé, le juif devint un « hybride culturel », évoluant dans un contexte sociale ambivalent ; il s'accommoda à un monde différent tout en restant peu enclin à rompre avec son passé et ses traditions. Dans le même temps, il ne fut guère accepté, en raison des préjugés raciaux, par sa nouvelle société.

De même, une fois l'esclavage aboli et qu'il fut permis au Noir américain de participer à la vie culturelle des peuples parmi lesquels il vivait, celui-ci s'est retrouvé sur la marge de deux cultures et de deux sociétés (américaine d'une part et africaine d'autre part) dont la fusion ne s'est jamais réalisée.

L'Africain, déporté en Amérique pour travailler dans les champs de coton, a perdu une partie de ses racines et a mélangé ce qui lui restait de sa culture avec des éléments culturels occidentaux. Devenu un « hybride culturel », sa différence lui a sans cesse été rappelée par la couleur de sa peau. Cependant, le traitement inégal qu'il a subi et son exclusion raciale sous-tendent la société américaine selon Philippe Paraire.

L'Amérique est hétérogène pour des raisons historiques. Elle est composée d'autochtones indiens, d'immigrants blancs et d'esclaves noirs amenés de force. C'est pourquoi la population du Nouveau Monde chercha divers moyens pour constituer un corps social et politique. Selon Paraire , elle retint en fin de compte l'exclusion raciale comme principe d'homogénéisation de la population blanche. Ainsi, l'histoire de l'Amérique correspond à l'histoire de l'exclusion. Le massacre des indiens est une première étape dans l'élaboration de l'exclusion socio-ethnique. Le parcours des Noirs américains constitue une étape plus élaborée du concept. Etant nécessaires et exploitables sur le plan économique, les Africains d'Amérique n'ont pas été détruits comme les Indiens.

Pour les Noirs, les mécanismes d'exclusion ont été affinés et continuent de l'être encore aujourd'hui. Selon Paraire, ils sont passés par trois statuts successifs : d'abord esclaves, ils ont été, par la suite, libérés mais maintenus, jusqu'au début des années septante du XXème siècle, à l'écart de la vie économique, politique et culturelle par un arsenal de lois ségrégationnistes. Enfin, confinés dans des « downtowns » surveillés par la police bien qu'officiellement, leurs droits étaient équivalents à ceux des Blancs américains.

Pour justifier l'exclusion raciale, il a fallu démontrer la nature infra humaine de la population noire par diverses stratégies.
La première a été d'imposer l'idée que les Noirs n'avaient pas d'histoire et qu'ils avaient toujours été passifs face à la situation de l'esclavage. En réalité, la résistance âpre et collective à l'ordre servile fit d'innombrables victimes et prouva la détermination des Africains d'Amérique à refuser le sort animal qui leur était fait et à nier ainsi, les armes à la main, cet état d'infériorité que l'esclavage avait défini pour eux. La résistance prit diverses formes : rebellions violentes, conspirations, brigandages, pillages, incendies, meurtres et évasions individuelles.

La deuxième stratégie fut d'occulter l'extraordinaire contribution des Afro-américains à l'enrichissement du pays pendant la période de l'esclavage, mais aussi après leur émancipation depuis plus d'un siècle.

La dernière stratégie fut l'exploitation des créations culturelles spécifiques du peuple noir américain.


L'idéologie de l'Amérique conservatrice est parvenue à imposer l'idée que les Noirs américains n'ont pas une culture mais un ensemble confus d'instincts (la musique, le goût du sport, du sexe et le sens du rythme...). En utilisant ce melting pot et la destruction totale des racines culturelles africaines chez les esclaves, l'idéologie de l'exclusion parvient à voir l'influence blanche partout : il y aurait du blanc dans le Blues, dans le Jazz, dans les poèmes de L. Hughes, dans le cinéma de Spike Lee... En fait, ce qui est blanc dans tout cela, c'est le financement et donc le profit : les disques de Blues sont pressés et distribués, dans les années 20, par les directeurs blancs des Race Records ; les premières créations d'Elvis Presley sont des reprises édulcorées de Blues.

Le Blues et le Jazz se jouent sur des gammes africaines à cinq notes ; l'improvisation, les réponses instrumentales (riffs), l'intégration du folklore, de la langue parlée et de l'argot ne sont pas le fait de la musique savante et académique des conservatoires blancs. Les grands schémas culturels africains sont donc maintenus dans la mentalité, de même que le comportement et les techniques artistiques de création des Noirs américains (au moins jusque dans les années 80).

La réalité d'une culture sauvée de la période de l'esclavage est parallèle à cette résistance active que l'on a aussi trop longtemps niée. En même temps qu'il préparait son complot, l'esclave rebelle cherchait un moyen de retrouver l'Afrique en lui. De la même manière, la recherche d'identité des créateurs noirs qu'il s'agisse de chanteurs de Blues comme Big Bill Broonzy, de rockers comme Jimi Hendrix, de théoriciens comme Malcolm X ou de cinéastes comme Spike Lee, ne vise pas une synthèse des formes culturelles blanches ; elle se contente d'utiliser leurs apports (guitare, télévision, micros, films etc......) pour exprimer un message noir.

Par la négation de la culture des Noirs américains, l'idéologie raciste cherche à anéantir toute volonté culturelle identitaire ; Peuple sans histoire et sans passé, sans culture, sans conscience collective ni rôle historique, les Noirs doivent donc vivre séparés du reste de la nation.
# Posté le dimanche 28 mai 2006 12:51

Oo-Black Power-oO

Oo-Black Power-oO

Dans le rapport Kerner de la fin des années soixante qui fait un bilan politique et social des relations intercommunautaires aux Etats-Unis, il est écrit : «Nous allons vers deux sociétés, une noire, une blanche, séparées et inégales.». La pérennité de l'exclusion raciale, accompagnée par le confinement résidentiel et la ségrégation professionnelle, culturelle et sociale font apparaître un phénomène idéologique nouveau dans la communauté noire américaine : alors que le peuple noir a lutté pendant des siècles pour son intégration à l'intérieur de la société blanche, on voit se constituer une identité afro-américaine ambiguë et sceptique à l'égard de l'idée d'intégration. Le Black Power s'inscrit justement dans ce mouvement.



Le Black Power se donne d'abord pour tâche de libérer l'histoire et l'identité des Noirs du « terrorisme culturel », de la déprédation dont elles ont été victimes par la faute des Blancs, qui voulaient ainsi justifier leur sentiment de supériorité. Selon ce mouvement, le peuple noir doit se construire une image positive de lui-même : celle d'un peuple énergique, courageux, intelligent, beau et épris de paix et non paresseux, apathique, mou comme le disent les Blancs. Les Noirs doivent aussi prendre conscience que le lien qui les unit entre eux, les unit aussi à leurs frères africains. L'origine de l'histoire afro-américaine se trouve sur le continent africain et le peuple noir doit connaître ses racines et son héritage culturel. Cette première étape qui est d'acquérir une nouvelle conscience autant dans la dimension historique qu'identitaire va s'effectuer, entre autres nous le verrons plus tard, dans le Free Jazz, musique typiquement noire, avec des retours aux éléments de la musique africaine.

Le Black Power est un mouvement qui ne prône plus, à l'instar du mouvement du Dr. Martin Luther King, la non-violence. Le mouvement des « droits civiques » qui parlait un langage adapté à la bourgeoisie blanche n'a eu aucun effet. La méthode des « sit-in », des manifestations, des marches, est dépassée selon les tenants du Black Power. Il s'agit de faire comprendre aux Blancs qu'ils doivent cesser d'opprimer les Noirs sinon, ils en paieront le prix. Le Black Power est aussi un adversaire de l'intégration qu'il considère comme un subterfuge pour maintenir la suprématie blanche.

On peut donc dire que le Black Power met l'accent sur la nécessité de construire une véritable base psychologique, politique et sociale, en vue du développement de la communauté noire.
# Posté le dimanche 28 mai 2006 12:53

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